Klaus Schulze

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Klaus Schulze

Message par Dr. Ohm le Mar 5 Mai - 20:07

Cela faisait longtemps que je voulais faire un sujet sur ce compositeur allemand de musique électronique « planante » tout à fait majeur, alors le voilà ! Sans vous faire un étalage exhaustif de sa biographie (sachez tout de même qu'avant de démarrer sa carrière solo en 1971, il a été tour à tour membre de Tangerine Dream, puis de Ash Ra Tempel où il était batteur), je vais plutôt me concentrer sur sa musique qui reste réellement unique et particulière.



Comment la définir ? D'abord, chez Klaus Schulze, on privilégie résolument les morceaux longs ! Assez « anti-commercial » dans le format de ses morceaux, il n'était guère rare — du temps héroïque des vinyles — qu'un album de Klaus Schulze se résumât à deux morceaux (un sur chaque face du disque — ou quatre morceaux lorsqu'il sortait un double album) de près de 30mn chaque (en moyenne 27mn) ! Inutile de vous dire qu'avec le CD ainsi que la réédition de nombreuses bandes inédites, Klaus a pulvérisé ce score Wink ).

L'autre caractéristique immédiatement identifiable de sa musique est évidemment le caractère fortement « planant ». Vous me direz que Tangerine Dream ou Popol Vuh ont fait pareil dans les années 70, mais — car il y a un mais — à la différence d'une musique répétitive/hypnotique à la Terry Riley, Klaus Schulze a produit une musique dont la saveur mélange une étrange mélancolie teintée de « philosophie ». Ce n'est donc pas seulement de la « transe », c'est bien autre chose.

Klaus Schulze démarre donc sa carrière solo en 1971-72 avec la sortie de l'album Irrlicht. Réalisé avec trois bouts de ficelles (un orgue, un magnétophone et de longs extraits de répétitions d'un orchestre à cordes qu'il a ensuite découpé et retravaillé avec divers effets), cet album est pourtant une réussite. Pas encore dans la catégorie chef-d‘œuvre mais presque !



L'année suivante, il sortira un double-album, Cyborg qui poussera encore plus avant ces expérimentations d'atmosphères à base de drones d'orgue et de « pouit-pouit » de VCS3 (son premier synthétiseur)…

Mais l'album qui va révéler Klaus Schulze, notamment  en France (où il obtient le Grand prix du disque de l'académie Charles Cros 1975) et aux États-Unis (qui commencent à s'intéresser au « Kraut Rock » avec KraftWerk qui cartonne avec Autobahn) c'est Timewind. S'étant équipé de plusieurs « vrais » synthétiseurs (comme l’ARP 2600, l'ARP Odyssey, un sequencer…), sa musique gagne définitivement ses marques distinctives : nappes éthérées, séquences transposées, solos planants, effets de synthétiseurs… Le premier morceau qui ouvre l'album, Bayreuth Return a été ainsi enregistré en une nuit sur deux pistes, et d'un trait !



Mais ce n'est pas fini, la suite très bientôt !

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Re: Klaus Schulze

Message par Dr. Ohm le Mer 6 Mai - 14:16

Klaus Schulze, la suite ! Après des débuts prometteurs, nous arrivons à l'âge d'or de Klaus Schulze, la période 1976-79 va voir une série de purs chefs-d'œuvre, devenus légendaires, en plus de beaucoup de concerts à travers l'Europe (dont quelques uns en France qui vont beaucoup contribuer à sa popularité chez nous à cette époque

Nous avons tout d'abord l'album Moondawn, sorti en 1976, où Klaus Schulze s'est (entre autres) équipé du grand synthétiseur modulaire Moog, qui va devenir la clef de voûte de ses compositions pour plusieurs années, notamment pour toutes les séquences qui constituent la base rythmique de ses morceaux.



Autre album majeur, sorti l'année suivante, Mirage, avec sans doute un des plus beaux morceaux de séquences qu'il ait jamais composé. Cristal Lake démarre ainsi sur une simple base de séquences cristalines de huit notes, démultipliées par un écho, rejointe au bout de deux minutes par une seconde séquence de quatre notes en contrepoint, qui évoluent peu à peu en modulations et s'étoffent au fur et à mesure avec des improvisations solo typiquement « schulziennes » et des lignes de basses profondes… Un must !



Vient ensuite un autre pur chef-d‘œuvre, le double album X. Conçu comme une biographie musicale en hommage à de grands écrivains, philosophes ou poètes (Friedrich Nietzsche, Georg Trakl, Frank, Herbert, Friedemann Bach, Ludwig II Von Bayern, Heinrich Von Kleist). Chaque morceau porte ainsi le nom d'une des personnalités pré-citées. La nouveauté de cet album consiste dans l'intégration d'un petit orchestre à cordes dirigé par son amis violoncelliste Wolfgang Tiepold, avec un thème d'une pure beauté écrit sous forme de fugue sur le titre Ludwig II Von Bayern. Probablement l'album le plus « gothique » de sa carrière, tant le sentiment d'évoluer dans un univers de grand château hanté est présent (notamment sur Friedemann Bach et Heinrich Von Kleist).



La période dorée se conclut avec l'album Dune, qui reprend partiellement le style de l'album X (toujours avec son ami violocelliste Wolfgang Tiepold) sur le premier titre, Dune. L'autre titre amorce doucement la transition avec ce qui sera l'esthétique schulzienne des années 80, toujours planante, mais avec une rythmique plus électronique et appuyée, et avec aussi (hélas) une certaine perte de créativité durant ces années.


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Re: Klaus Schulze

Message par Invité le Lun 27 Juil - 22:12

Klaus Schulze est un grand monsieur.
J'apprécie tout jusqu'à Body Love 2.

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Re: Klaus Schulze

Message par Dr. Ohm le Mer 29 Juil - 9:22

Il y a aussi un album récent de 2007 qui mérite largement le détour, Kontinuum, surtout pour le premier morceau, Sequencer 70 to 07, qui est vrai retour aux sources Wink

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